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12 avril 2011

Plogue éhontée

Une amie que je ne vois plus beaucoup mais dont je me sens plus proche que bien d'autres de mes amis parce que nous avons déjà couru le risque d'ensemble parler de littérature a fait paraître récemment une réaction à ce beau livre de Bernard Émond, Il y a trop d'images.
C'est ici, et ça vaut la peine d'être lu.

14 août 2010

(Im)puissances

En théorie, je peux penser l'abandon, le détachement.
En théorie, je peux regarder ma vie être colorée par L'étreinte des vents, qui ne parle au fond de rien d'autre que d'abandon, sans chercher à l'épuiser. Je peux accepter de devenir un peu la mère de ma mère, de voir changer mes amis d'une façon que je n'aime pas au point d'avoir envie de ne plus en faire mes amis, de voir se transformer un amour que j'avais cru lancé en autre chose d'encore plus grand qui ressemble peut-être plus à l'amour. En théorie.
Mais dans les faits, il y a une voix en moi qui crie très fort que ces gens ne sont plus mes amis et que c'est très bien ainsi, qui redevient une petite fille et pleure quand elle doit habiller sa mère qui n'en est plus capable et qui s'illusionne au point de croire que cet automne elle va convaincre deux ou trois étudiants que la littérature agit sur la vie, est la vie. Ce petit livre qui a transformé ma douleur en curiosité est là pour le prouver.
Peut-être dois-je combattre cette voix très forte qui résiste à l'abandon. Mais peut-être que je dois la laisser parler le temps qu'elle passe, parce que peut-être qu'abandonner c'est justement ça : laisser les choses venir, agir et accepter ce qu'elles vont avoir changé.
J'ai bien envie d'emprunter ce deuxième chemin. Alors oui, j'en fais encore une fois l'expérience, un livre peut changer une vie. Ce petit livre qu'il ne faudrait pas enseigner l'a bien prouvé. Mais ça, je ne saurai jamais vraiment le raconter.

04 août 2010

Présente. Et réconciliée.

J'ai les yeux lourds et le coeur en friche, labouré par des mots qui m'ont sauvée peut-être. Ceux d'Hélène Dorion. Encore.
J'ai ouvert ce livre, L'étreinte des vents, sans rien y chercher. J'ai lu les mots. Ça a suffi. C'était presque un accident; hier, je pose les yeux sur lui, mes mains l'empoignent, je l'ouvre de nouveau après l'avoir abandonné bien vite il y a quelques jours. Puis je le lis en ne sachant pas que c'était de lui dont j'avais besoin.
L'expérience de la littérature est une expérience liante. Circulatoire. Depuis cette nuit, je suis liée à ce livre qui, vivant, s'est "tend(u) de tout (son) être - comme un arc - vers un autre être pour le rejoindre." (p. 9) J'étais cet être, accueillant ce que je n'attendais pas parce que je ne l'attendais pas. "On écrit pour lier les choses ensemble, lier les êtres, les vies", propose Dorion dans la langue simple et ouverte qui est la sienne. (p. 124) Eh bien si j'écris ceci au crayon, chose rare, dans un carnet que j'avais depuis longtemps délaissé, c'est que ce lien a eu lieu entre le livre et moi, et que je veux le goûter. Un espace s'est créé - je suis en son centre et à sa limite - qui restera mouvant, s'étiolera peut-être mais m'aura fait embrasser cette peur qui m'habite au lieu de chercher à l'éliminer. L'étreinte des vents est une percée contre la peur et pour elle, la traversée d'une rupture douloureuse mais lumineuse, parce que toutes les fractures mènent au consentement, la mienne pas moins que les autres, et parce que sans faille rien ne s'ouvre. "L'Amour se penche sur la faille, la dévoile et l'éprouve; c'est l'espace nécessaire à la métamorphose." (p. 93)
Depuis cette nuit, donc, je suis liée à ce livre. Mais je ne m'agripperai pas à lui. Je l'abandonne parce que notre proximité sera plus agissante dans la distance. Et c'est justement ce qu'il a surtout changé : ce qui s'est brisé, le Mystère derrière tes yeux, je veux les garder intacts. Apprendre à les aimer. Apprendre à préserver en silence, ou avec quelques mots éclaireurs mais bien peu, l'Infini qu'ils portent en eux et qui les fait grands mais cruels, passagers comme tout le reste.
Même à distance, je continuerai de vivre ce livre en moi, parce que voilà ce que "lire" veut dire, a voulu dire pour moi cette nuit : les mots s'acheminent vers ce qui est là mais trouble et si l'on accepte de le faire avec eux, alors ce n'est plus tant le monde qui se trouve transformé, mais soi-même, que l'on redécouvre. Ce "là trouble" qui se révèle n'est pas qu'en dehors de soi, il est en soi, ici, ailleurs. "Alors on n'est plus face à l'Autre mais enfin à ses côtés. Et l'on renoue avec soi." (p. 62)
Enfin. Oui.

21 juillet 2010

Valse indécise

Nu bleu, Picasso, 1902.
Il y a quelque chose de clair-obscur à mon été d'ivresse. Surtout beaucoup d'obscur, pour le moment. Quelque chose de brisé. Et dans l'instant expansif qui a précédé ma chute et étiré ma mémoire, je me suis revue cent fois, en souvenir ou en rêve, vivre la même chose. Je n'apprends pas.
J'ai quelques souvenirs précis, très brefs mais très prenants, de moments où, petite, je manquais de courage pour grimper un escalier. À la maison ou à l'école ça me faisait le même effet : d'une marche à l'autre, il me semblait que c'était un gouffre gigantesque qu'il me fallait traverser.
Je suis encore comme ça. Quand je commence un livre difficile, je voudrais déjà l'avoir fini. Et quand je dois frileusement affronter mes petits et grands mystères, risquer quelque chose qui m'est étranger - silence, foi ou impuissance -, je suis encore cette petite fille qui a bien hâte de finir ce qu'elle a peine à commencer.
Je n'apprends pas.

13 juillet 2009

T'écrire

Écrire à l'autre est un risque . Énorme. "La lettre est un risque. L'écriture ne l'est pas toujours."*

Écrire de soi à soi ne veut pas dire avoir peur du silence de l'autre, peur de ne pas entendre de réponse, de ne pas être pris, compris.

La lettre ne veut dire rien d'autre que la volonté d'être reçu, que la volonté de trouver un écho, concret. L'abandon dans la correspondance est un abandon du temps, d'abord - celui que je passe à t'écrire, celui que tu prendras pour me lire -, du corps, ensuite, de la tête, enfin. Mais à la fin. Et d'ailleurs l'écriture qui ne concerne que la tête ne m'intéresse pas. Ne m'a jamais intéressée.

À travers la correspondance, celle du coeur que je tiens maintenant, celle de la tête et du coeur que j'ai eu le privilège de tenir un jour, je me sais vivante. Je me sais quelque part entre moi et l'autre, en mouvement, offerte.

Oui. La lettre fait de l'écriture une chose qui vit. Même quand elle reste lettre morte.

* Martine Delvaux et Catherine Mavrikakis, Ventriloquies, Montréal, Leméac, "L'ici l'ailleurs", 2003, p. 60.

27 juin 2009

Dans l'ombre, une lumière

Ma naïveté repose sur une douleur ; la naïveté repose sur une douleur. Il y a partout la noirceur, en amont, en aval et à plein, et heureusement. Si "nous exigeons la lumière", c'est en tant qu' "obscurité qui fait signe de lumière, un éclairage de l'intelligence, une vision, consciente ou non, qui donne leur vie aux choses."* Parlant de livres et d'art, c'est de nous qu'il parle, le poète, de nous qui nous tenons, en déséquilibre, quelque part entre nos petites fuites et nos grands enthousiasmes. Nous ne sommes pas que de lumière. Mon idéal n'est pas que de lumière. Si je suis vivante, avec les choses autour, c'est de cette vie-là dont j'ai envie. Et heureusement, parce que sinon nous ne nous serions peut-être pas vus. *Journal, "À propos de Beaux arts", p. 133 chez BQ. Image : Rembrandt, Philosophe en méditation, 1632.

12 juin 2009

Venir au monde

Je ne peux pas m'en empêcher. Je vois sur ce blogue d'un confrère étudiant, je crois, à la même école que moi, mais que je ne connais pas, cette question grandiose. J'aurais tellement aimé qu'on me la pose un jour que je m'arroge le droit d'y répondre.
À partir d'une oeuvre dont la lecture a représenté pour vous une belle expérience de littérature, répondre à la question : "Qu'est-ce, pour vous, que l'expérience de la littérature?"
C'est la seule question qui compte, au fond.
Et si on me l'avait posée, voici à peu près ce que j'aurais répondu.
**
Petite, toute petite, j'avais toujours beaucoup de peine pour les choses. Avec les choses.
Quand ma mère déposait deux biscuits devant moi, j'avais toujours trop de peine pour celui qui allait rester seul, à attendre, pour les manger un après l'autre. Alors je prenais une bouchée de chacun, égales, à tour de rôle. Et je leur expliquais pourquoi. C'était plus juste.
Quand les invités ont ridiculisé cette plante que j'avais faite, vous savez, ces poteries qu'on n'a qu'à arroser pour qu'une plante en sorte - la mienne avait une forme de rhinocéros... assez irrégulière, je l'admets - à la fête de ma voisine d'en haut, ce n'est pas parce que je me sentais insultée, moi, que je suis retournée en bas, à me balancer toute seule en regardant à l'étage d'un air mauvais, mais parce qu'il me semblait totalement injuste de se moquer de cette poterie qui n'était responsable de rien, et surtout pas de son air bizarre. Mais il est vrai qu'enfant, comme Félix, je ne "jou(ais) pas bien".
Quand, à la maternelle, on a ri cruellement de cette peinture de gouache à la main que j'avais faite et qui représentait une maison en feu - le tout ressemblait à un magma rouge informe, il est vrai -, ce n'est pas tellement à ma peine d'être rejetée que je pensais, mais à celle de cette maison, tout inventée soit-elle, qui était si sévèrement jugée par les camarades alors qu'elle brûlait déjà, la pauvre, contre son gré : "les choses arrivent, elles font du bruit et, quelquefois, elles sont encore plus fortes que dans notre tête."
Les choses du monde, et le monde autour, me parlaient sans cesse. De leur douleur, de leur solitude, de ce qui les rendait vivantes. Enfant unique et solitaire, je n'étais jamais seule, avec ces désordres aux alentours qui me contaminaient de leur vibration étrange et enivrante. "Nous ne sommes pas seul(s). (...) Les objets tournent et volent pour nous. Avec eux, et avec notre coeur, nous bâtissons la mémoire." Je restais à l'écoute, alerte.
Quand, beaucoup plus tard, j'ai lu ce livre, cet immense livre, Le bruit des choses vivantes, d'Élise Turcotte, j'étais déjà en chemin vers la littérature. Je m'y étais engagée à cause du rythme qu'elle insérait en moi, à cause du monde qu'elle me donnait à voir, à cause de quelques grands noms, Dostoïevski, Sartre, Céline, qui avaient réussi à dire la peur qui me rongeait mieux que quoi que ce soit auparavant. Je m'y étais engagée sans m'y engager vraiment, en y trouvant parfois de quoi m'occuper l'esprit, parfois le coeur, mais sans y trouver de quoi m'accrocher vraiment, de quoi m'inscrire dans quelque chose de plus grand que moi. Tout ce que je savais, c'était que je voulais sortir de moi. Et que quelques livres me le permettaient, ponctuellement.
Mais ce bruit... Je ne l'avais jamais oublié, non, mais je n'avais jamais su le nommer. Je n'avais jamais su le raconter. Le retrouvant dans la parole de l'autre si exactement, si profondément, comme je le savais là, tout autour, depuis toujours, je me suis trouvée aussi, et j'ai compris : c'est parce que je me retrouve parfois si vivante dans la parole d'autrui qu'il existe quelque chose comme une humanité. J'ai dès lors pu cerner ce qui me semblait flou jusqu'alors : la littérature n'est pas un savoir, ni un art ; c'est une manière d'être au monde.
Une manière qui nous garde à l'affût, sensibles même au silence où toujours "un coeur bat et une voix souffle les événements qu'on ignore." Une manière qui donne au temps une image qui nous apparaît à travers la langue, à travers les mots qui ne disent pas assez bien cet instant de la lecture, moment d'éternité où "notre âme se révèle dans une petite phrase inouïe." Une manière qui nous laisse les yeux grands ouverts sur ce qui vibre, là, sur ce qui se meut même dans l'immobilité apparente d'un sens qui se donne pour figé, sur une humanité changeante, mouvante, dont il faut faire toute l'expérience pour pouvoir dire : "je vis".
J'ai vécu en ce livre, parce qu'en dehors de lui, "(j)e peux parler au téléphone et dire à quelqu'un bonjour, je suis là. Je peux dessiner un mélèze et même découvrir une ville qui n'est sur aucune carte géographique. Mais je ne peux pas montrer le fond de mon coeur". Parce qu'en dehors de lui, j'ai du mal à dire tout ce qui grouille en moi, toute la peur, la fragilité, les larmes qui font ce que je suis. Parce qu'en dehors de lui, "(j)e ferme les yeux, j'avale tout. Le présent, le ciel vide, la nuit qui explose", et je ne dis plus rien.
Proust avait donc dit vrai, lui. "La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." Parce que l'autre vie, celle de tous les jours, celle où je t'aime et tu m'aimes et c'est impossible, celle où j'essaie de faire comprendre à de jeunes gens que travailler un texte c'est se travailler soi-même, celle qui passe trop vite et qu'on voudrait plus élevante, cette vie-là, la vraie vie, pour plusieurs, je ne la vis pas en dehors de ce que la littérature a fait de moi. Plus : je ne la vis comme je la vis que parce que la littérature a multiplié en moi le sentiment de la vie.
La première fois que j'ai lu ce livre-là, à un moment où j'ai été totalement dépassée, emportée par ce que qui se passait devant mes yeux et que je vivais tout aussi intensément, mon amoureux du moment, compagnon de toujours grâce auquel je suis devenue ce que je suis, mon ami le plus précieux, qui travaillait pourtant à sa musique juste à côté dans notre petit appartement, mon amoureux, donc, est venu me retrouver sur notre divan qui n'en était pas vraiment un. Il n'a rien eu à dire. Il m'a regardée lire, m'a prise par la main. Lui, dans son rythme fou, avait senti que juste là, il se brassait, à cause d'un livre qui ne payait pourtant pas de mine, des choses importantes.
Un jour, bien après, j'ai fait lire ce livre à une amie dont je savais qu'elle allait pouvoir le lire. Vraiment le lire. Et nous nous sommes comprises. L'amitié est une chose vivante elle aussi, qui se transforme et s'oublie, mais cette réunion-là, cette compréhension commune d'une parole qui dit ce qui nous dépasse, ne s'efface pas.
À partir de ce livre-là, j'ai compris qu'en dehors de lui, la littérature pouvait créer quelque chose comme une communauté. À partir de ce livre, j'en ai encore eu la preuve : la littérature est une chose qui garde nos coeurs vivants. Et l'expérience de la littérature n'est pas l'expérience d'un livre, mais d'une vie.
**

(Les références sont tirées de l'édition Leméac, p. 153, 138, 61, 146, 123, 109, 41.)

20 mai 2009

Écrire aux soleils

Aujourd'hui j'ai voulu écrire.
J'ai voulu écrire parce qu'il y avait en moi cette espérance sans laquelle aucune écriture qui n'est pas qu'artifice ne peut s'élancer, parce que je me sentais sur un tremplin, toujours au bord d'être plus, ou moins, ou ailleurs que moi, parce que c'était le Bach virevoltant qui accompagnait le soleil, parce que je repensais à combien le temps s'efface toujours quand je suis avec toi et qu'il faut garder une trace de ça, cette rareté.
J'ai voulu écrire parce qu'il fallait tout faire pour s'élever contre la facilité et l'indifférence partout autour, parce qu'il y avait un vent léger au crépuscule qui ne balayait pas, qui ne balaye jamais ce qui reste en moi de toi et que je ne sais pas penser, parce que pour une fois il y avait les souvenirs, mais ils devenaient, ces moments-là, d'éternité.
Mais au lieu d'écrire je me suis mise de côté - la retraite n'est pas une absence; elle me déplace - et je n'ai plus vu que vous. 
Et il n'y avait rien à ajouter.

12 janvier 2009

Le livre, un ami

La relation amicale est au fondement de toute entreprise littéraire ou philosophique. 
Sur un plan historique, il est en effet inutile de rappeler que sans elle, jamais Socrate n'aurait trouvé de voix à travers celle de Platon, et jamais les salons des XVIIe et XVIIIe siècles n'auraient été le lieu de tant de réflexions morales. De l'amitié pédagogique entre l'élève et son maître, dont ma préférée reste celle qui lie Ferdinand à Courtial dans Mort à crédit, à l'accompagnement silencieux unissant les personnages d'Arto Paasilinna en passant par les camarades de beuverie qui animent les aventures beigbederiennes, l'amitié est, en littérature comme dans la vie, un canal vivifiant. Et c'est précisément ainsi qu'elle a toujours été conçue, exigence d'un échange et d'une humanité partagée. Un facteur de vie, en somme. Or c'est justement de cette façon que je comprends la lecture. Lisant, je me saisis à travers l'expérience de l'autre, qui en retour n'existerait pas en dehors de la réception que j'en fais. C'est une évidence : la lecture met en oeuvre, littéralement, la réciprocité placée depuis au moins Hésiode au fondement de l'amitié. 
Dernièrement, commentant le projet d'un ami qu'il m'avait proposé de lire, j'ai pu vérifier combien cette amitié-là, celle qui passe par le livre, est exigeante. Mon engagement à répondre le plus sérieusement possible à ceux dont je perçois qu'ils cherchent aussi à multiplier l'humanité en eux exige de moi une transparence difficile qui devient carrément épuisante quand elle prend la forme d'une réaction. La lecture devient alors, Eco l'a un peu dit, une réécriture, une correspondance qui ouvre les possibilités de l'oeuvre : je dois répondre de ce que je deviens à travers l'offrande d'autrui, et la grandeur de son don ne trouve rétribution qu'au prix d'un effort que chaque mot renouvelle. Seulement voilà, je sors grandie chaque fois de cet effort que je fournis, qu'il passe par l'écriture ou non. Et l'amitié me profite alors autant à moi qu'à l'autre. 
Et nous revoilà partis pour un tour.
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Récemment -- les astres sont alignés, comme on dit -- plusieurs amis m'ont témoigné, plus vivement qu'à l'habitude, leur reconnaissance ou leur affection. En toute franchise, il n'y a qu'une chose que je puisse leur répondre : je ne suis que peu responsable de l'engagement qui caractérise mes rapports avec les autres, ce sont plutôt tous ces livres que je lis, du reste très souvent toute seule, qui m'apprennent chaque fois ce que veut dire être un ami.